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14.12.2006

Résistances

Les discussions avec les journalistes "pure print" sont enrichissantes. L'appréhension du web reste dans bien des cas pour certains d'entre eux celle d'un fantasme ou Internet est un média ultrapuissant, chaotique ou tout est permis. Mais la plus grande discussion tourne toujours autour de l'actualité. Une conception du métier de journaliste sur le modèle du chasseur de scoop. Etre le premier a annoncer la nouvelle.
On peut s'interroger sur la pertinence d'une telle conception du web, média instantané, à l'heure ou l'information est ultra circulante et le signal faible, très faible. Hormis les sites d'insider, dont le scoop est le fond de commerce, la majorité de sites reprennent peu ou prou les mêmes informations, et certains, pour aller très vitre publient directement le communiqué de presse. Ce modèle ou chaque site tente de devancer l'autre sur la fraîcheur de l'information est sans nul doute une impasse à terme. Ne serait-ce que par épuisement des troupes, généralement faible, mais aussi par le manque de valeur ajoutée dans le traitement de l'information. Sur ce dernier point l'enquête journalistique, même rapide, reste imparable.

Au-delà de ce point, anecdotique sur le long terme, est-ce que finalement, le métier de journaliste, à l'aune du web, ne serait pas celui d'un metteur en scène de l'info ? En ce sens que le web autorise une mise en situation du contenu par le biais d'insertion d'hyperliens bien sûr, mais aussi de vidéos, de son etc. Que ses références (interview, études, sources diverses) généralement amputées, ou occultées pour des raisons de place, soient mentionnées par divers moyens et ainsi son article mis en scène.

A cette condition le fond, tel celui d'un article du print, prend une dimension autre, contextuelle, et le multimédia du web fait sens. Mieux, le mixte print/web trouve une complémentarité évidente.

Enfin bon c'est une idée...

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