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28.03.2007

Personne n'a tué le journal papier

En réponse à un article de Newsweek qui posait la question,"who killed the newspaper ?" l'excellent site editor's weblog a mené en collaboration avec Reuters une étude auprès d'acteurs de la presse, rédacteur en chef, éditeurs, consultants etc.
Le résultat est agréablement étonnant, les réponses sont en majorité plutôt optimistes en dépit des nouvelles plutôt alarmantes connues quotidiennement par ce secteur. En dépit des jounraux gratuits, du journalisme "citoyen", du déport des annonceurs sur le web, du retrait des éditeurs du papier etc. Globalement et très synthétiquement, la nouvelle donne est plutôt motivante pour les groupes de presse et dans une perspective très darwinienne, la survie passe pour la majorité des répondants par l'assomption de celle-ci. A titre d'exemple, la contribution des quidam, l'ugc, est vue comme une source additionelle plutôt que comme une menace. Le wevb comme une nouvelle étape nécessaire à laquelle il faut s'adapter en préparant le terrain
Finalement le principal obstacle relevé, par cette étude est le comportement industriel des éditeurs.

Les éditeurs par la tentation qu'ils ont eu, et encore, de jeter le bébé avec l'eau du bain. Au lieu de renforcer leur offre, nombre d'entre eux préfèrent couper dans les effectifs et la pagination plutôt que de chercher à enrichir leur offre et à profiter des nouvelles opportunités et tendances. 22% d'entre eux se refusent d'ailleurs à engager des journalistes pour étoffer leur offre.

Conclusion de l'analyse réalisée par Jeff Jarvis . “Le papier n'est pas mort, mais le papier n'est pas notre futur. Le journalisme l'est".

Du bon sens.

Je ne peux m'empêcher d'un commentaire personnel sur ce sujet (après tout j'ai répondu à leur sondage). En surfant sur tous ces sites d'analyse consacré à la mutationd du secteur de la presse, il y a une chose réellement impressionnante : la vitesse d'adaptation des médias et l'accélération des changements.

Aujourd'hui sur certains blogs, dont Editor's weblog, certains n'hésitent pas à donner les recettes pour ne pas foirer son site d'info. Recettes qui prônent ce que l'on voit un peu partout, interactivité, blogs, fil d'info continu, modification de la home plusieurs fois par jour, multimédia à la pelle, rss, etc. Une rapidité d'adoption des nouveaux usages et mode de participation à l'info et consommation de l'info de tout à chacun. Il y aura encore de nombreux ajustements, mais globalement il semble que les grandes lignes directrices sont désormais tracées. La différence se fera sans doute sur la qualité technique et l'application des nouveaux métiers liés au marketing éditorial. De même se posera pour de nombreux acteurs la question de la désintermédiation et partant la casse occasionnée au sein des systèmes et mode de diffusion traditionnels. En contrepartie, une autre certitude, les modes de consommation de l'info sont multiples, il faut répondre à cette multiplicité en proposant tous un maximum de formats de diffusion (papier, web vidéo, radio, podcast, sms, mms, epaper, projection holographique :-) et une information de plus en plus segmentée et profilée à l'aune des besoins.

Que la question du rôle de journaliste soit reposée sereinement est aussi symptomatique d'une certaine fin de l'errance autour de ce métier et de son utilité. Toutes les études vont dans le même sens, plus il y a de journalistes au sein d'un média, plus celui-ci a de succès. Bonne nouvelle qui n'obère pas pour autant l'UGC et autres blogs, au contraire, l'info est par essence multisource. Rémunérer quelqu'un pour médiatiser de l'information est plutôt légitime.

Reste quelques inconnues, le comportement des annonceurs dans le futur. Annonceurs qui aujourd'hui au motif d'une mesure fine de leur investissement on line réclament toujours plus de finesse et de retour sur celui-ci tout en tentant d'investir de moins en moins, (CPM, CPA etc) et de contourner les médias, même on line, au profit d'opération virales ou d"évènementiels divers. L'attitude des centrales d'achat d'espace (les régies pubs) dans ce même futur.

L'adaptation des éditeurs et leur volonté de se concentrer sur le coeur de métier, le journalisme, tout en proposant les services associés.
L'usage du téléphone mobile pour la diffusion d'info et l'impact à terme. La sursegmentation.

Etc.

Encore de nombreuses inconnues, mais ceux qui se concentrent sur leur coeur de métier, apporter une info utile, discriminante et pertinente (oui on peut disserter longtemps sur ces termes) aux citoyens devraient sans doute survivre. En gros aux journalistes de faire leur boulot, différement mais avec les mêmes fondamentaux, aux éditeurs de leur donner l'occasion et les moyens de le faire.

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