11.01.2010

Livre électronique : point de salut sans les opérateurs selon Ineum

La cabinet de conseil Ineum (ex branche conseil de Deloitte) nous livre une petite étude sur le livre électronique (ereader) et se penche sur les conditions de son succès. Dans l’étudealex spring desing.jpg le cabinet fait un petit rappel, parfois approximatif, des faits. Approximatif en affirmant que seul le lecteur de Sony (le PRS) est disponible en France. C’est oublier l’Irex, les tablettes de Fujitsu, la tablette de Cytale etc. bref.

Dans l’esprit d’Ineum ces omissions s’expliquent par la démonstration de l'étude : hors ventes conjointes (éditeurs + fabricants, ou éditeurs + opérateurs), point de salut possible. Dans cette optique, Ineum aurait d’ailleurs pu évoquer les quelques centaines d’exemplaires d’Irex vendus par les Echos via abonnement.

En contrepartie, Ineum évoque le bundle Sony vendu par la Fnac dès 2008, au succès relatif avec quelques 5 000 unités vendues au dernier trimestre 2008. L’échec d’un modèle de distribution de type Amazon/Kindle (plus d’un million d’unités vendues) réside pour le cabinet dans la spécificité du marché français où l’habitude des terminaux subventionnés a la vie dure.

Dans cette logique les opérateurs sont en première ligne pour participer au décollage de l’e-reader, grâce à leur maîtrise des réseaux et leur capacité de facturation. Sur le modèle des diverses agrégations de contenus déjà proposés sur Internet par Orange ou SFR, il leur serait facile de proposer contre un abonnement, la consultation de presse (sur le modèle des Echos ou du Monde) et la diffusion de livres.

 

Reste que les obstacles s’amoncellent :

 

-les éditeurs de presse ne sont pas des plus enclins à proposer une consultation de leurs journaux à des prix attractifs – risque supplémentaire de cannibaliser le papier sans certitude de compenser financièrement la perte.

-Les éditeurs de livres rechignent à baisser le prix de leurs livres, consentant le rabais maximal de 5% de la loi Lang pour les versions numériques.

-Les lecteurs peuvent afficher une réticence à s’abonner à un magazine ou journal spécifique.

-Tout comme pour le disque, chaque éditeur défend une plate-forme propriétaire plutôt qu’une plate-forme universelle.

-La mise en place de bouquets par les opérateurs nécessite pléthore de partenariats avec les éditeurs. Des partenariats rendus d’autant plus compliqués que le modèle de partage de revenus n’est évident. Tout le monde n’est pas dans la position de force d’Apple.

 

Pour autant, Ineum prêche pour la levée de ces obstacles afin de populariser l’e-reader et partant la lecture auprès des jeunes, mais aussi des autres : Ineum rappelle ainsi un sondage d u journal La Croix aux résultats édifiants :

 

-64% des français lisent moins de 5 livres par an

-30% des français ne lisent aucun livre dans l’année.

 

Pour mémoire, le milliard de chiffre d’affaires réalisé par l’édition française (hors presse) se fait majoritairement grâce aux manuels scolaires. Dans cette optique, le serpent de mer du cartable électronique est une piste évidente, à la condition du prix de la tablette. Autre piste, grâce aux multiples annonces réalisées au Consumer Electronic Show : l’interactivité et la couleur. Les doubles écrans (ereader + tablette internet) autorisent une lecture mâtinée d’interactivité via la lecture de vidéo et surf sur Internet. Le meilleur des trois mondes finalement.

 

Reste aux éditeurs à se décrisper sur le modèle économique et ne pas réitérer l’erreur de la presse, qui, en comptant sur la récurrence de ses abonnés pour maintenir ses revenus a longtemps évité les tentatives de diffusion sous forme électronique, ou des majors du disque, divisée sur les plate-formes et formats de diffusion.

 

L'étude Ineum : E-READER.indd.pdf

 

 

 

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