26.02.2010

Le modèle de presse numérique payant reste-il à inventer ?

Une intervention sur l'excellent site de TechToc TV. Un peu énervé, mais bon..Depuis, mon avis reste identique, mais avec quelques amendements.
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02.02.2010

Libé payant : 20 000 abonnés dans un an ?

Ce mardi au Club de la presse, le rédac chef adjoint et responsable éditorial de Libé.fr Ludovic Blecher en compagnie de David Abiker est venu présenter la partie payante du site. Du moins a essayé en luttant avec une connexion wi-fi récalcitrante. L'effet démo...

En synthèse :

Libé propose deux formules d'abonnements à 6€ et 12€. Pour ce prix, les abonnés ont accès aux archives du journal, à l'aide des documentalistes pour monter un dossier sur un sujet et toutes les Unes de Libé depuis la création du journal (par JP Sartre rappelons-le), soit 10 000 Unes accessibles.En plus les podcasts et autres sujets multimédia montés par l'équipe "écrans" du journal.

Les abonnés échappent à la pub (du moins au display). Pour les autres on ne peut que recommander que l'excellent add-on Firefox ad-block.

Sur l'appli iPhone, la partie payante est aussi accessible, au grand dam de Ludovic Blecher pour qui l'intégral des contenus devrait être payant.

Autre point plus excitant : la version kiosque est mise à dispo aux abonnés en même temps que l'envoi l'imprimerie.

L'objectif est d'atteindre les 20 000 abonnés d'ici à un an. Pour l'heure, 1/4 du chemin est parcouru avec 4500 abonnés recrutés.

L'équipe web est composée de 13 journalistes, très peu face aux concurrents que sont le Figaro, 20 minutes ou le Parisien. A contrario, les 130 journalistes du papier participent au site.

Peu de choses à dire finalement. Si tous les sites médias vont vers le payant, le figaro, l'express, le point et le New-york Times, tous sont confrontés ou le seront à la fameuse "proposition de valeur". Comment après des années de gratuité convertir des lecteurs habitués désormais à aller chercher l'info sur le net à payer, que proposer ? N'étant pas abonné je n'ai pas visité la zone payante de Libé, mais, telle que vendue...

La chance de Libé est une forte affinité avec son lectorat : 60% des lecteurs arrivent en direct sur le site. Un score excellent. D'après le rédac chef adjoint, l'audience n'a jamais été aussi forte et Libé lu. Bonne nouvelle.

Mais comme les autres sites de médias, l'évolution du paiement sur internet (vraisemblablement la facturation par un opérateur) lié à la facilité d'accès, seront à même de valider la pertinence du contenu payant. Dans l'intervalle, la survie dépend toujours de la pub, des ventes kiosques et des subventions.

14.01.2010

Enjeux gratuit-payant à l'EBG : l'iPhone vainqueur.

Jannet.jpg

 

Très régulièrement, l'Electronic Business Group, organise des tables rondes sur les sujets qui agitent les cerveaux des éditeurs de sites internet : monétisation, comment faire une newsletter attractive, l'optimisation du tunnel d'achat, etc. Autant de sujets rendus possible par l'Internet, ce work-in-progress permanent.

Ce jeudi, le thème portait sur les enjeux gratuits/payants. En creux, face au modèle de revenu fondé sur la seule publicité et son erratisme, comment générer de nouvelle sources de chiffre d'affaires et partant s'affranchir du display. Etaient présents autour de la table pour en disserter, Philippe Jannet (photo), président du Geste et patron du Monde Interactif; Fredérique Lancien, directeur du développement à l'international de Lagardere Active; Toussaint Roze, PDG de Notrefamille.com et Henri Moché, DG de Mappy.

En guise d'introduction, le bilan 2009 et les perspectives 2010. Le bilan est assez simple :

- les médias veulent faire payer des contenus pour générer de nouveaux revenus et recherchent de nouveaux modèles : Libération dans sa nouvelle formule ("ça n'a pas l'air de fonctionner", dixit Jannet), le Figaro aurait des projets dans ce sens, l'Express aussi tout comme le Monde.fr. Et sans doute d'autres non encore déclarés.

- Apple a trouvé la formule magique avec l'interface de l'iPhone et la simplicité d'usage et de facturation de la plate-forme iTunes via l'opérateur.

En découlent deux questions :

- Que faire payer ?

- Comment faire payer ? (sous-entendu comment répliquer le modèle Apple).

 

Petit aparté avant de livrer les réponses des intervenants, les chiffres données par Philippe Jannet sur les effets induits grâce à l'application "lemonde" par l'iPhone sont proprement hallucinants : à ce jour l'application a été téléchargée par 1 200 000 personnes (uniques) et génère 15% d'audience en plus pour le journal. L'audience qui s'établie à 4,5 Millions de visiteurs uniques (v.u) et 45 Millions de visites par mois. Lemonde.fr revendique 100 000 abonnés payants. Concernant l'application, Philippe Jannet reconnaît que son utilisation publicitaire  par Apple et un opérateur comme argument de vente participe de ce succès. Mais aussi, la qualité de l'application, la force de la marque et la richesse des contenus. Et tâcle au passage son concurrent direct dont l'application a été selon lui "mal réalisée et donc décevante pour l'utilisateur" avant de dresser ce constat, "avec l'iPhone il n'y a pas de deuxième chance. Quand vous livrez une application, il faut qu'elle soit parfaite." Outre celle du concurrent en question (le Figaro ? ), il semblerait que les applications des "pure player" ne rencontrent pas le succès escompté par les éditeurs. Sur ce chapitre, Frédérique Lancien et Jannet sont d'accords : "la force de la marque joue à plein". Quand il s'agit de bourse délier, des contenus fournis par Elle ou le Monde.fr, Parents ou Psychologies inspirent plus confiance chacun dans leur univers qu'un pure player .

Ce qui induit sans doute cette autre tendance non évoquée de 2009 : le grand retour de "la marque et de son univers"  et la redécouverte de la puissance marketing façon procter ou Danone, les grands spécialistes du marketing autour d'une marque. Le brand marketing. Une fois le retour à cette valeur sûre, encore faut-il savoir l'exploiter.

 

Que faire payer ?

D'où la question corrélative : que faire payer ? Sur ce point, les recettes se multiplient, mais sans réelle réponse. S'il est plus facile d'attirer des clients quand la marque est établie, tous les contenus ne sont pas égaux. Typiquement, Mappy peine a monétiser son service du fait d'un univers concurrentiel difficile et a même renoncé à faire payer l'envoi de plan par SMS. UN univers d'autant plus difficile demain avec l'arrivée de Google dans l'univers du GPS (pourquoi ne le ferait-il pas sur le modèle des US) et d'autres applications gratuites de navigation à l'instar de Nav4ALL  un GPS très performant et entièrement gratuit. Du coup, Mappy, tout comme pagesjaunes (c'est le même groupe) monétise son contenu par la pub et sans doute par la revente de données. L'application iPhone drive du contenu vers le site et inversement. A l'inverse, dans le cas de NotreFamille.com, les services sont la clé de voûte du modèle. Surtout la généalogie qui est son fond de commerce et suscite un engouement croissant en France. L'achat est ici souvent "émotionnel" comme le souligne le DG du groupe Toussain Roze qui a d'ailleurs annoncé numériser tout l'état civil français de plus de cent ans.

A la question, quoi vendre ? Philippe Jannet raconte toujours la même histoire, "Quand votre enfant s'arrange pour vous faire ranger sa chambre, vous jetez toute la collection d'Okapi à la poubelle, y compris ce numéro sur l'Egypte Ancienne. Quand, quelques semaines plus tard, le dimanche soir dans la voiture en rentrant de la campagne, votre enfant vous déclare devoir faire un exposé pour le lendemain sur l'Egypte ancienne. Tout d'un coup, vous êtes prêt à payer très cher pour le numéro d'Okapi sur l'Egupte Ancienne." (ça sent le vécu)

Du côté des médias, Lagardère et le Monde explorent l'exploitation de leurs contenus et de leur légitimité pour vendre des services associés. Lagardere monétise ainsi de l'info financière (via Boursier.com), des Horoscopes (avec une appli gratuite et une payante) et des recettes et conseils culinaires (via Elle); le Monde pour sa part compte lui sur ses contenus payants et rajoutera d'ailleurs une partie payante à son application pour iPhone. Cette stratégie d'un modèle mixte (freemium/premium) est d'ailleurs une tendance lourde pour 2010.


L'abonnement et la simplicité de paiement : les deux mamelles nourricières.

Vous l'aurez compris, l'avènement grâce à l'internet mobile (l'Iphone) couplé à une moindre hésitation du public à utiliser sa carte bleue sur internet modifie la donne du commerce de contenus. Une fois trouvé quoi vendre, le comment se heurte toutefois à moult écueils. A commencer par les moyens et modalité de paiement. Dégainer la carte bleue pour des sommes minables, remplir un formulaire n fois sur n sites est fastidieux. Le modèle iTunes, vous renseignez une fois pour toute lun formulaire avec votre CB et êtes débité sur votre facture téléphonique, est magique, "frictionless" comme disent les pros. S'il convient de multiplier les possibilités de paiement sur un site pour parer toute éventualité, la quête de 2010 et années à venir est bien celle d'une réplique du modèle Apple, ou remettre au goût du jour la tentative des opérateurs que fût Gallery : une plate-forme simple, unifiée et à l'usage transparent pour l'utilisateur.

Consensus sur le sujet: les opérateurs de mobile et les fournisseurs d'accès auront la main sur la facturation et seront incontournables pour proposer les contenus. Reste que les 30% de rétro commissions d'Apple, les 45% d'Orange ou les 70% d'Amazon sur le Kindle coincent. Dans le cas d'Apple, cela pose d'autant plus de problèmes que son siège est au Luxembourg, et que la firme ne s'acquitte donc pas de la TVA à l'inverse des éditeurs...En cas de revente sur une tablette Apple (dévoilée fin janvier normalement), cela peut conduire à une situation bizarre en termes de pricing. Reste que les fournisseurs de tuyaux ont pour eux la force de la diffusion et la maîtrise de la facturation (indolore et fiable). La bataille du terminal (device) est pour ces opérateurs le grand sujet des mois à venir. Il est clair que pléthore d'accords entre éditeurs, médias et fournisseur de connexion tomberont sans discontinuer dans l'avenir proche. Quitte à relayer une plate-forme de diffusion commune des médias, autre sujet de discussion au Geste.

Sur ce modèle, l'autre enjeu pour l'éditeur est de susciter l'abonnement, source de revenus récurrents et déterminés.Abonnement si possible reconduit par tacite reconduction. Là intervient toutes les techniques connues de vente et d'"upselling", soit proposer un prix le plus élevé possible contre des services à forte valeur ajouté à l'exemple d'un coach perso vanté par psychologie et vendu par Lagardère sous forme d'abonnements ou par audiotel.

Sur les sites proprement dits, la proposition de service méritera pléthores de test A/B pour déterminer quel chemin et quelles pages susciteront le plus l'acte d'achat. Sur cet exercice la page d'abonnement de notrefamille.com sous sa forme actuelle a nécesité de multiples tests pour le résultat final. MAas à force d'itération, les résultats peuvent aller du simple au double. Une règle toutefois : en demander le moins possible au client pour vendre le plus possible. Le marketing web de base reprend ici droit de cité.

 

Si la direction globale est assez claire, vendre des contenus et services à valeur ajoutée de la manière la plus simple possible pour le client, Tout n'est pas réglé : relations avec les opérateurs, univers concurrentiel, règle du jeu avec Google, avec Apple...facturation, appétence des clients etc. D'autant plus que ce schéma redonne aussi une place de choix aux grands groupes de presse et éditeurs à la bonne santé financière  au détriment des pure player, moins apte à déployer des techniques marketing élaborées et dans un rapport de force délicat face à des opérateurs. Ce qui a terme peut contribuer à éliminer nombre de ces pure player du jeu faute de revenus. Un risque encore difficile à évaluer.

 

 

 

 

 

PS : Pour l'instant la ventilation des revenus par sujet se décompose de manière assez homogène : logiciel 21%, contenus adulte, 20%, Jeux 17%, sonnerie/musique 14%, services pratiques 19% et l'info professionnelle 14% (ça ne fait pas 100% mais je n'ai pas noté le reste).

 

06.01.2010

Skiff : un e-reader souple, solide et connecté. L'avenir de la presse ?

skiff_01.jpgE-book, Spring Design, Q reader, le nouveau KIndle DX grand écran d'Amzon, la fête commence et maintenant que le modèle économique est en passe d'éclore, les "reader" communicants vont éclore. Juste pour info, pour la première fois Amazon a vendu plus de livres électronique que de bouquins analogique (en papier donc). Les annonces au CES tombent comme à gravelotte. Annoncé il y a environ un mois par Hearst, le SKIFF est un écran souple de 11,5 X 9 Pouces affichant une résolution de 1200 X1600. il emporte un slot SDHC, du Wifi, de la 3G, un port USB et une prise jack 3,5mm et un haut-parleur. L'autonomie annoncée est de une semaine, soit plusieurs milliers de pages.

L'écran souple et tactile est enchâssé dans une coque rigide et l'écran serait selon le fabricant plus résistant qu'un écran d'ereader classique. Il s'appuie sur une technologie de LG Display.

Disponible sous peu aux Etats-Unis, un accord avec l'opérateur Verizon permettra à l'utilisateur de télécharger les contenus à concurrence de 3 GO sur les 4 Go disponibles. Un magasin en ligne permettra de télécharger du contenu dédié. A condition d'acheter l'objet.

 

Disponible dès le second semestre aux USA, aucune dispo pour l'Europe n'a été annoncée.

Le Skiff en 360°

Le communiqué du CES

skiff-reader-4.jpg

05.01.2010

Pub dans la presse : - 2,8% en 2009 - + 7% pour la presse quotidienne

Selon Yacast, les investissements publicitaires dans la presse (toutes périodicités confondues) reculent de 2,8% en 2009.

Résultats au global négatifs pour la presse avec un volume d’investissements des annonceurs affichant une variation de -2,8% soit 4 556 M€.

Toute la presse :

Résultats au global négatifs pour la presse avec un volume d’investissements des annonceurs affichant une variation de -2,8% soit 4 556 M€.

Presse Quotidienne :

La Presse quotidienne (inclus PQR66) enregistre une progression en valeur de +7% pour un C.A. 2009 de 1 939 M€, résultat à mettre en perspective d’une contre performance enregistrée en volume avec un recul de -5,3%, soit 40 430 insertions diffusées.

Presse Magazine :

La presse magazine décroche tant termes de C.A. qu’en nombre d’insertions avec respectivement –8,9% en valeur avec un C.A. global 2009 de 2 617 M€, et -15,8% en volume."


Le Top 20 des annonceurs en 2009

top annonceurs.JPG

 

Côtés annonceurs, Renault, SFR et Peugeot sont sur le podium, tous supports confondus (quadrimedia).

 

Découvrez toute l'étude quadrimedia de Yacast :

Bilan annuel quadrimédia 2009.pdf

22.06.2009

Bimédia : le labo Industrie et Technologie

 

Certes tous les responsables de rédaction réfléchissent aux modéles économiques qui permettront de concilier anciens et modernes. Je n'échappe pas à la règle.Parfois, plutôt que d'élaborer de grandes théories en faisant appel à la théorie des jeux, les gourous du journalisme de guérilla et les rites sacrificiels, on se remet au boulot et on essaie de construire une proposition éditoriale en plaçant le lecteur au centre de la préoccupation (le fameux déficit de l'offre évoqué dès le premier billet de ce blog il y a trois ans) et d'accoupler avec le plus de pertinence possible papier et web (print et online pour les autres).


1482305435.pngEn l'espèce, c'est l'expérience tentée avec le mensuel Industrie et Technologies. Mensuel dédié à la technologie pour les ingénieurs de bureaux d'études, mais aussi de manière plus extensive à tous ceux qui prêtent un léger intérêt à la technologie, IT pour les intimes méritait un sérieux lifting pour retrouver une certaine attractivité auprès des lecteurs, partant des annonceurs.

Lors de la réflexion liminaire, l'idée était donc de penser comment avec l'équipe d'un mensuel, donc peu étendue, concevoir un mensuel attractif et dans le même mouvement élaborer un site web qui soit à la fois un complément au journal et puisse vivre de manière désolidarisée.

L'idée retenue est de penser en amont de la rédaction des articles ce qui peut apporter un complément aux articles imprimés, que ce soit du contenu multimédia (vidéos, photos ou diaporama); mais aussi du contenu spécifique au web en continuation de l'article papier. Etant entendu que le "complément papier" doit pouvoir vivre seul sur le web, indépendamment de l'article papier. Voire même apporter plus d'inf1388148486.2.jpgormations que sur le papier.

La meilleure incarnation de cette idée, tenue au long des pages,  réside dans l'infographie principale du journal issue du dossier, qui se retrouve sur le web, mais animée en Flash avec des informations complémentaires. L'idée est simple. Mais, sauf contre exemple, à ce jour je ne connais pas d'équivalent en France de ce type de complémentarité. Pour des questions de coûts, mais aussi de réalisation.

Pour voir l'animation, cliquez-ici ou sur l'image.

 

Par ailleurs, à ce jour je reste convaincu que la proposition de feuilletage incite à l'abonnement (ou pas si l'offre éditoriale n'est pas convainquante). Dans cette logique qui frôle la cohérence, le mensuel est intégralement disponible en ligne ici. Stratégie payante ou non, il est encore un peu tôt pour le dire.

 

En termes d'audience (VU), le site a progressé de 10% et continue d'augmenter gentiment. En termes commercial, le numéro nouvelle formule a fait carton plein auprès des annonceurs. Sur les abos. Il est encore un peu tôt pour se prononcer.

A suivre. Et vos avis sont les bienvenus.

A vous lire.

Le site Industrie et Technologies

PS : malgré un abandon temporaire de ce blog, l'audience reste bonne (2500 V.U/M). Etonnant non ?

PS2 : demain je vous parle d'Usinenouvelle.com.

14.12.2008

Google, les éditeurs et la presse : l’impossible entente

« Vous êtes désormais notre pire ennemi ». Dixit Pierre Conte, DGA du Figaro à un représentant de Google venu faire un tour aux Etats-Généraux de la Presse. Pourquoi tant de haine ? Eric Scherrer, veilleur infatigable des mutations de l’information en ligne et autres évolutions de l'info numérique résume assez bien la situation sur le site indispensable pour qui s’intéresse à ces sujets AFP Mediawatch.

La rupture des éditeurs avec Google procède bien évidemment d’une crise plus large, celle de la presse et de l’information à l’ère d’une distribution orchestrée principalement par le moteur vedette du moment. Crise qui touche les journaux phares des Etats-Unis, le New-York Times, le groupe Tribune, éditeur du LA Times; bientôt sous chapitre 11 et une bonne partie de la presse mondiale. Une crise qui intervient à un moment ou le prix de la pub (CPM) baisse constamment et ou les éditeurs peinent à dégager de la rentabilité avec leur activité online.

L’ire contre Google tient à deux raisons : l’info et sa monétisation. Pour l’info, les éditeurs sont largement irrités par son application Google News. Page qui agrège en temps quasi réel les dernières news d’actu, thématisées et catégorisées. Pour les éditeurs online, l’enjeu est d’apparaître dans les premiers liens et surtout de s’y maintenir. Pour ce faire, certains n’hésitent pas à publier le même article très légèrement modifiés afin de remonter dans le ranking. Tout en dénonçant le laxisme de Google dans la gestion des droits d’auteurs.

Une position d’autant plus dénoncée, que Google refuse obstinément de prendre en compte le protocole ACAP (protocole d’accès automatique au contenu), mis en place par certains éditeurs. ACAP permet à ces derniers de contrôler les contenus mis à disposition aux robots de Google (ou Yahoo, ASK, CUIL, Live Search, Exalead ou autre) et surtout de prendre en compte la gestion des droits d’auteurs (texte et photo).

La monétisation et redistribution des dividendes issus des contenus, agrégés par Google, est la seconde partie du problème. En détenant, suite à divers rachats, dont récemment Doubleclick, une position de leader sur la vente de la pub en ligne (adwords, adsense etc.), Google, est une partie prenante très forte de la monétisation du contenu qu’il met en avant et vers lequel il amène des visiteurs. Ce que l’on appelle un cercle vertueux dans la doxa libérale.
Mais du côté des éditeurs cette position dominante sur le « display », les pubs affichées sur les sites, procède du monopole à l’image d’un Rockfeller, AT&T, IBM ou encore Microsoft, pour le faire dans l’ordre chronologique. Par syllogisme, Google contribue à cette décroissance du prix de la pub.

Lagardère et autres menacent donc de saisir Bruxelles pour dénoncer ce monopole et tenter de le contrer. Vœu pieu, personne n’oblige les utilisateurs à transiter par Google et personne n’oblige les annonceurs à utiliser sa régie. Même s’il est quelque peu incontournable. De plus, Google est loin d’être le seul moteur sur Internet, et il existe d’autres intermédiaires de pub. Autrement, dit, autant c’était simple pour Microsoft (en imposant Internet Explorer avec Windows il utilisait réellement sa position dominante pour forcer à la consommation), autant pour Google, les arguments juridiques seront plus difficiles à trouver.

D’autant plus qu’il y a plusieurs obstacles et contradictions, qui seront difficiles à lever.
Le premier obstacle tient à la consommation de l’information. En moyenne 60% des utilisateurs arrivent sur un site depuis un moteur de recherche. Autrement dit, les lecteurs cherchent une information, pas un site avec lequel ils sont plus ou moins en affinité sur un plan de contenu. L’enjeu pour les éditeurs, une fois que le lecteur est sur leur site, est de capter l’attention des lecteurs, les faire rester sur leur site cible et naviguer si possible vers les services proposés et payants (la pub faisant partie de ces « services »). Une illustration des mots de Google, « chaque article est une page d’accueil. » Ce qui élimine la notion de portail et de page d’accueil.

De plus, la notion de droits d’auteur est dans certains cas très spécieuse. Les clauses de cessions de droits sont généralement douteuses. Par ailleurs, une des missions (officieuses) des Etats Généraux sera sans aucun doute de faire que l’utilisation de l’information produite par les journalistes soit propriété pleine et entière des éditeurs et, à ce tire, cédée moralement. Libre à l’éditeur d’en faire l’usage qu’il veut sans contrepartie autre, pour le producteur d’informations, que celle négociée en amont.

Le mouvement est donc simple. Les éditeurs aujourd’hui, ne contrôlent plus la distribution de leurs contenus, ni une partie de leur monétisation. Le distributeur, ici Google, s’arrogeant une partie substantielle de ces deux privilèges.

En réponse, Google répond deux choses : libres aux éditeurs de refuser les robots (techniquement très simple). La seconde : qu’il est dans son rôle et amène des lecteurs aux sites des éditeurs.

Le malentendu est initial. Google veut, et ne s’en cache pas, mettre sous forme électronique toute l’information. Depuis un simple article, jusqu’à l’ADN de chacun. Son rôle n’est pas de donner du sens à cette information, juste de distribuer du signe,du bytes. A l’utilisateur final de donner du sens et de la pertinence. Maintenant, que Google monétise cette puissance serveur et algorithmique, il est encore une fois dans son rôle de société à but lucratif. Que les éditeurs à la fois en profitent et soient, finalement dépossédés de leur rôle de prescripteur tient in fine à cet aspect électronique du traitement de l’information. Et à Internet en tant que tel. Un réseau massivement distribué sans fin ni commencement. L’ubiquité si souvent évoquée.


En réponse, les éditeurs et autres fournisseurs de contenus jouent ou devront jouer sur ce qui fonde Internet.
La distribution massive et croisée : le maillage. Un contenu sera exploité sur n plate-formes, croisé, répliqué, prescrit. Bref, un même article sera volontairement repris sur de multiples plate-formes avec plus ou moins de valeur ajoutée. A l’exemple de ce que font les sites de partage de type digg, delicious ou encore Wikio et plus récemment Aaliens. Un mixte d’agrégation et de prescription tous azimuts. Un moyen de capter cette fameuse « attention » du lecteur à l’heure ou l’information est un bien commun gratuit et à ce titre sans valeur monétaire directe.

L’ennemi ce n’est pas tant Google ou autre, que le lecteur, notre ami. Notre ami au comportement erratique, se laissant guider au fil de l’hypertexte. La domestication de l’hypertexte et la génération de revenus subséquente sera bien le nouveau modèle à trouver pour les éditeurs. La piste sémantique est aujourd’hui la plus sérieuse pour ce faire. Reste que, cette piste est explorée dès la version 1.0 du web, mais encore à ce jour, en but à des problèmes techniques. Encore deux ou trois ans, et il est clair qu’un nouveau modèle émergera. D’ici là, il faudra juste voir si la somme allouée au sauvetage de la presse, indispensable, sera aussi élevée que celle consacrée à l’automobile. Une nécessité pour la démocratie.

21.10.2008

Prese magazine : une faible croissance annoncée

Selon l'AFP : Le secteur de la presse magazine dans le monde devrait connaître un taux de croissance annuel "faible" de 3,5% au cours des cinq prochaines années, pour atteindre une valeur de 95 milliards d'euros en 2012, selon une étude de Pricewaterhousecoopers.

"L'érosion de la diffusion, le plafonnement des recettes publicitaires et l'émergence de nouveaux médias sont autant de facteurs qui expliquent la faible croissance de secteur de la presse magazine dans le monde", indique cette étude dévoilée à l'occasion d'un débat organisé par l'association pour la promotion de la presse magazine (APPM).

La situation devrait être contrastée selon les zones géographiques, avec un taux de croissance annuel de 2,5% en Europe de l'Ouest, 3,8% aux États-Unis, mais 9,2% dans les pays émergents (Russie, Chine, Inde, Brésil).

En France, la croissance annuelle devrait atteindre 2,7%. "La relative saturation du marché, l'ouverture de la publicité TV à la grande distribution ou encore l'application de la directive SMA (qui assouplit les règles de diffusion de la publicité à la télévision, ndlr) contribuent au climat morose que connaît la presse magazine", souligne l'étude.

En Europe de l'ouest, la croissance du secteur de la presse magazine devrait être essentiellement portée par le numérique.
Mais la mutation s'annonce compliquée pour les éditeurs, car le poids du numérique dans les revenus de l'industrie devrait être limité, selon les prévisions. La publicité sur les sites de presse magazine connaîtra une croissance de 44,2% entre 2008 et 2012, mais ne représentera que 8% des revenus publicitaires en 2012."

La presse déficitaire en 2015


Pour sa part, selon l'étude du cabinet OC&C Consultants prédit pour la presse écrite payante française un passage dans le rouge dès 2010-2011 et une perte de 700 à 800 millions d'euros d'ici à 2015. « Depuis des années, la presse écrite s'est contentée d'un modèle économique peu performant, aujourd'hui elle dispose d'une faible marge de manœuvre pour prendre les options stratégiques qui s'imposent afin de préparer les années à venir », constatent les rédacteurs de l'étude.

Vieux serpent de mer : 20 à 25% des investissements publicitaires français pourraient se faire sur internet à l'horizon 2015. A l'identique des petites annonces dont l'immigration massive sur le net est lui aussi annoncé.

Pour pallier ce déficit annoncé, sans surprises les auteurs préconisent pour les médias une vague de concentration et surtout la création d'un portefeuille internet pour éviter une prise de vitesse par les acteurs médias étrangers. Car bien sûr, les médias français sont en retards face à nos confrères européens sur leurs stratégies internet.

04.07.2008

LME, journalisme et droit d'auteurs

La LME, cette loi qui doit amener 0,5% de croissance (sic), devient au fil des semaines une loi fourre-tout. Preuve en est de cet amendement pour le moins étrange dans le contexte et encore plus au moment où une commission sur la presse est mise en place.



'Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et le Forum des sociétés de journalistes (FSDJ) ont protesté hier contre un amendement au projet de loi de modernisation sociale (LME) qui conduirait, selon eux, à "anéantir" le droit d'auteur des journalistes. Un amendement au projet de loi a été déposé en urgence par les sénateurs Louis de Broissia, Jacques Valade et Catherine Dumas, afin d'"instaurer un dispositif légal reconnaissant la cession automatique à l'éditeur de droits exclusifs sur les contributions journalistiques pour tous les supports que l'entreprise édite", selon l'exposé de l'objet de l'amendement. "Toute convention par laquelle une entreprise d'information (...) s'assure, moyennant rémunération, la collaboration d'un auteur, emporte, sauf clause expresse contraire, cession à l'entreprise, à titre exclusif, des droits d'exploitation et de réexploitation des œuvres ainsi créées, pour tous supports, modes de diffusion et de consultation, opérés sous la responsabilité ou sous la marque de l'entreprise, ainsi que leur utilisation à des fins promotionnelles", indique l'amendement. "Alors que se préparent les états généraux de la presse, ce texte s'apparente à une véritable provocation", juge le FSDJ, selon qui cet amendement "vise à déposséder les journalistes de l'exercice de leur droit d'auteur".

Source : ParisMatch.fr

27.11.2007

Sudkürier, un journal sur tous les canaux de distribution

Editor's weblog se fait l'écho de la stratégie mise en place par le journal Allemand, Südkurier. Elle est simple : utiliser tous les canaux de distribution possibles et les animer par des animations récurrentes. Après le site Internet, l'envoi de news en flux rss, le journal propose désormais un format PDF pour les ebook/epaper/tablette et l'envoi d'alerte de news par téléphone mobile. Mieux, il propose même une vidéo quotidienne sur les programmes télés...
Journal local, les alertes envoyées par Südkurie concernent majoritairement l'information locale.

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Ces envois par mobile sont dénués de publicité, mais soumis à un abonnement d'environ 2,99€ par mois détaille le rédacteur en chef du journal, Thomas Satinsky. Récemment lancé ce service mobile concerne quelques centaines d'abonnés, mais connaît une hausse exponentielle selon le rédacteur en chef.

En France, malgré une récente tendance haussière avec l'adossement à la grande distribution, les éditeurs déplorent la faible densité des points de ventes. Utiliser tous les canaux possibles et délivrer de l'information localisée est sans doute une belle piste pour la PQR, mais aussi, grâce aux techniques de profiling actuelle, pour la presse nationale et ses déclinaisons locales. Voire même pour les pure-player du net. Cette démarche proactive auprès du lecteur est la nouvelle piste à explorer. Pour l'heure, trop d'éditeurs affichent encore une passivité désarmante.

L'aticle source est

Sûdkurier

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