15.11.2007

Mediapart, le pari de Plenel

Le journaliste Edwy Plenel a levé le voile sur son projet auprès des lecteurs du site Nouvelobs.com. Depuis des semaines, le web bruissait de cette nouvelle aventure dans laquelle s'est lancée Edwy Plenel avec François Bonnet (Marianne, Le Monde) et Laurent Mauduit (Le Monde...). Comme l'on pouvait s'y attendre, l'ambition pour le futur site est celle d'un news généraliste inspiré dans sa démarche journalistique de Slate, Politico (fondé pas des anciens du Washington Post) ou encore le site participatif coréen Ohmynews. Soit un mixte entre vrais journalistes avec de la vraie info factuelle, investiguée et de l'interactivité avec le lecteur rendue possible par Internet. L'ambition est claire et détaillée par EP : "Ce sera même un point fort : le journalisme d´enquête, de recherche, de curiosité. L´inverse du journalisme assis qui regarde de loin et commente d´au-dessus. Avec Internet on peut faire mieux encore : expliquer les méthodes de travail, donner accès à de la documentation complémentaire, bref faire entrer le lecteur dans la boite noire du journalisme d´investigation." Autrement dit, hypercontextualiser l'article et quasiment en faire le making-of. ffa46211d867bca9a2054dc7f079c49e.png Edwy Plenel Le pari risqué du payant L'ambition est forte et audacieuse. A l'heure où les grands sites d'infos type NYT et WSJ ouvrent leur contenu en abandonnant le modèle payant, (à quand les Echos ?) et s'en félicitent en termes d'audience, Mediapart faire le pari du payant. Intelligemment, c'est même l'avoue Plenel un des leviers qui permettra de fédérer une communauté de contributeurs (le paiement fait beaucoup pour des interventions intelligentes et pour le sentiment d'appartenance). Mais le vrai pari, c'est celui du lecteur en quête d'information et prêt à la payer pour de l'immatériel. Ce débours, il faudra le justifier par un contenu riche sur le fond (d'où la contextualisation), la longueur et richesse des dossiers, mais aussi par l'attractivité du site, (une icono façon Time.com serait du bonheur). Le tout avec une certaine austérité (le Monde Diplo ?), bref éviter comme le dit Plenel, le côté "déceptif" des journaux (décevant l'eût fait tout autant). On a envie d'adhérer à ses idées...ce serait rassurant sur le lectorat. Bientôt sans doute l'ouverture du blog pour suivre l'avancement des travaux. ICi avec le n° de tél en plus :-) A Suivre. Le tchat est là Pierre Assouline en parle aussi (merci pour la photo). Gilles Klein aussi

20.12.2006

Slate, le Webzine qui cartonne

Pour achever si besoin en était le moral des journalistes du print, il faut absolument lire dans Courrier International, l'interview de Jacob Weisberg, rédacteur en chef de Slate, le webzine aux dix millions de lecteurs par mois. Lequel Weisberg commence très fort "nous voulions prouver qu'un magazine sérieux avait plus de chance de réussir en ligne que sous forme de publication papier". Preuve est faite dix ans plus tard. Est-ce pour autant que le papier est mort ? Non selon lui, mais les migrations vers le web ne font que commencer et ne pas être présent sur la Toile relève de la faute professionnelle et surtout induit un manque de réactivité et une absence momentanée de la discussion politique. En ce sens que tout journaliste attend une réaction à ses articles, fournie en l'espèce par le web. Sinon du sempiternel sur l'absence d'attrait des journaux papiers auprès des jeunes, de la désaffection pour cemétier par cette même population. Mais aussi une interrogation sur le modèle économique des grandes rédactions. Alors que les budgets se réduisent de jour en jour, comment maintenir des envoyés spéciaux aux quatre coins du monde ? La bonne nouvelle ? Deux en fait. L'arrivée de nouveaux supports numériques, s'ils sont bien négociés par les groupe de presse seront le levier pour relancer les diffusions. L'autre, "que la démocratie à besoin des journaux". Un fondamental qu'il est sans doute bon de rappeler. Slate