26.03.2007
Infoworld arrête le papier...met le cap sur l'événementiel et le web
Après 29 ans de parution, l'édition papier d'Infoworld s'évapore au profit de son seul site web., ainsi que l'organisation d'évènement, le hors média. Dernier relais de croissance pour les revues verticales, le hors media recouvre en fait l'organisation de manifestation sponsorisée par les annonceurs soucieux de trouver de nouveaux prospects et les transformer en acheteur potentiel.
L'arrêt du papier est un vrai tournant, l'équivalent américain de Décision Informatique était en effet une référence dans le genre.
Toutefois, comme l'explique son rédacteur en chef Steve Fox, cet arrêt est préparé de longue date. Quotidiennement les journalistes d'Infoworld postent en effet l'équivalent d'une édition papier. que peuvent 32 pages face à cette pléthore de contenu, quelle est sa valeur ajoutée ?
Plus honnête aussi ce qui suit, "le modèle économique de la presse, dépendante des annonceurs n'est plus pertinent. Les annonceurs ont maintenant la chance de pouvoir mesurer immédiatement les résultats de leurs campagnes , sur le web ils peuvent savoir combien de personnes et qui regarde leur message, ils peuvent viser une cible spécifique et ils savent exactement ce qu'ils auront. Ils peuvent avoir un accés direct aux clients, ce que le papier ne permet pas. Et s'ils veulent des contacts plus étroits avec avec leur client, ils peuvent organiser un évènement sponsorisé qui leur donnera accès à plusieurs centaines de décideurs. (...) Infoworld papier ne pouvait plus lutter face à ces produits..."
Quelles infos gratuites, quelles infos payantes ?
Comme l'ensemble de la presse IT, Infoworld est confronté à l'érosion des revenus, principalement publicitaire. Une situation identique à celle que connaît en France la presse IT. Entre les responsables opérationnels qui ne jurent plus que par le web à l'identique des annonceurs, les budgets abonnements coupés dans le vif, les tarifs de la poste à la hausse etc..., difficile pour le papier de surnager face à ces aléas conjoncturels et structurels.
Pourtant certains journaux fournissent encore une information inédite sur le web, mais cette part devient de plus en plus restreinte et la vraie question est "qui est prêt à la payer pour la lire". Se pose donc le problème de la gratuité. Quand 75% de l'information est accessible gratuitement, faut-il faire payer les 25% restant ?
Sans doute, sur des niches de plus en plus étroites et les revenus générés par des newsletters confidentielles, mais néanmoins au public acquis et fidèle sont là pour le démontrer.
La reconnaissance du temps des journalistes ?
Se pose aussi un autre problème que chacun a aujourd'hui identifié. Les équipes de journalistes du web n'ont pas le même rapport au temps face à l'information. L'objectif est pour eux de nourrir ce média quotidiennement, partant, le temps nécessaire à l'analyse a minima le recul critique, vient à manquer parce qu'il faut générer de la page. Ce qui ne met en aucune sorte la compétence de ces journalistes en jeu, tempus fugit, et il faut fournir...
Infoworld a partiellement résolu ce problème : 60 journalistes... Et pas seulement des juniors, loin s'en faut.
Les éditeurs américains ont bien compris qu'un site substitutif d'un journal papier devait travailler au minimum à périmètre constant, sinon plus étendu, afin de nourrir le site en papiers de fonds, mais aussi en vidéo, podcasts etc.
Ce qu'il est difficile de réaliser avec une équipe réduite de journalistes stagiaires, ou stagiaires tout court, ce que tentent pourtant de nombreux sites.
Se préparer au changement
Finalement, il faut voir le côté positif de cet arrêt. IDG a su préparer cette conversion au tout web et hors média. Signe sans doute qu'un nouvel équilibre est en passe d'être trouvé. Signe aussi que les journalistes ont encore un rôle dans ce paysage qui défile. Comme le souligne Steve Fox, "le principe de la séparation de l'état et de l'église, des journalistes et des annonceurs est sacrosaint et et sera respecté afin de servir nos lecteurs. "
Ita missa est pour Infoworld.
Et pour les autres ?
15:15 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Infoworld, Décision Informatique, IDG, Steve Fox

