04.07.2008

LME, journalisme et droit d'auteurs

La LME, cette loi qui doit amener 0,5% de croissance (sic), devient au fil des semaines une loi fourre-tout. Preuve en est de cet amendement pour le moins étrange dans le contexte et encore plus au moment où une commission sur la presse est mise en place. 'Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et le Forum des sociétés de journalistes (FSDJ) ont protesté hier contre un amendement au projet de loi de modernisation sociale (LME) qui conduirait, selon eux, à "anéantir" le droit d'auteur des journalistes. Un amendement au projet de loi a été déposé en urgence par les sénateurs Louis de Broissia, Jacques Valade et Catherine Dumas, afin d'"instaurer un dispositif légal reconnaissant la cession automatique à l'éditeur de droits exclusifs sur les contributions journalistiques pour tous les supports que l'entreprise édite", selon l'exposé de l'objet de l'amendement. "Toute convention par laquelle une entreprise d'information (...) s'assure, moyennant rémunération, la collaboration d'un auteur, emporte, sauf clause expresse contraire, cession à l'entreprise, à titre exclusif, des droits d'exploitation et de réexploitation des œuvres ainsi créées, pour tous supports, modes de diffusion et de consultation, opérés sous la responsabilité ou sous la marque de l'entreprise, ainsi que leur utilisation à des fins promotionnelles", indique l'amendement. "Alors que se préparent les états généraux de la presse, ce texte s'apparente à une véritable provocation", juge le FSDJ, selon qui cet amendement "vise à déposséder les journalistes de l'exercice de leur droit d'auteur". Source : ParisMatch.fr

27.11.2007

Sudkürier, un journal sur tous les canaux de distribution

Editor's weblog se fait l'écho de la stratégie mise en place par le journal Allemand, Südkurier. Elle est simple : utiliser tous les canaux de distribution possibles et les animer par des animations récurrentes. Après le site Internet, l'envoi de news en flux rss, le journal propose désormais un format PDF pour les ebook/epaper/tablette et l'envoi d'alerte de news par téléphone mobile. Mieux, il propose même une vidéo quotidienne sur les programmes télés... Journal local, les alertes envoyées par Südkurie concernent majoritairement l'information locale. 6ea11bfbe2cca884e180c26186354f26.jpg Ces envois par mobile sont dénués de publicité, mais soumis à un abonnement d'environ 2,99€ par mois détaille le rédacteur en chef du journal, Thomas Satinsky. Récemment lancé ce service mobile concerne quelques centaines d'abonnés, mais connaît une hausse exponentielle selon le rédacteur en chef. En France, malgré une récente tendance haussière avec l'adossement à la grande distribution, les éditeurs déplorent la faible densité des points de ventes. Utiliser tous les canaux possibles et délivrer de l'information localisée est sans doute une belle piste pour la PQR, mais aussi, grâce aux techniques de profiling actuelle, pour la presse nationale et ses déclinaisons locales. Voire même pour les pure-player du net. Cette démarche proactive auprès du lecteur est la nouvelle piste à explorer. Pour l'heure, trop d'éditeurs affichent encore une passivité désarmante. L'aticle source est Sûdkurier

12.11.2007

Concentration des médias : les US aussi

La plupart des économistes sont d'accords : pour survivre, les médias doivent se consolider par des mécanismes de concentration plus ou moins élaborés. En France, le problème se pose moyennement, les médias sont déjà relativement concentrés. Le feuilleton des Echos et de la Tribune confirme en partie la thèse des économistes. Il ne semble pas y avoir de places pour deux quotidiens économiques imprimés. Thèse accréditée si l'on se fonde sur le simple critère de rentabilité (c'est un fait pas une opinion). 7facb7a8164fb34920a978ca24c30ac3.jpg Si le débat se pose en France, les Etats-Unis ne sont pas épargnés loin s'en faut. Force est de reconnaître que les grands groupes médias sont outre-atlantique aussi peu nombreux proportionnellement qu'en France. Avec des capitalisations différentes il est vrai. Mais quelques règles anti concentration existent aussi aux US. Règles que la FCC (une sorte de mixte entre l'Arcep et le CSA avec du pouvoir en plus) entend modifier en les dévérouillant. Permettant ainsi aux médias dominants de le conforter leur position. une dérégulation qui s'inscrit dans la perspective de l'attribution de nouvelles fréquences télévisuelles en 2009, mais qui couvrira tout le spectre des médias. Ce débat s'inscrit aussi dans celui du contrôle d'Internet, du moins sa bande passante, débat récurrent aux US Du coup Kevin Martin, le chairman de la FCC, devient la tête de turc de la résistance. Le site stopBigMedia est le fer de lance du mouvement anti-fcc, et est aussi drôle que bien fait. Il est réalisé sous l'égide de Freepress.org, un vieux journal contestataire américain né à l'occasion de la guerre du vietnam et sa dénonciation, et Freepress.net, sa structure combattante.

22.10.2007

Indépendance de la presse...laquelle ?

Commentaire recueilli sur la note consacrée à la Tribune : "A qui le tour ? Quel journal sera à son tour poussé vers la touche par un actionnaire qui ne réalise qu'une part minime de ses ventes dans la presse ? Bernard Arnault aura bientôt un monopole de l'information économique quotidienne. Il est temps de réagir et de faire circuler la pétition pour l'indépendance des rédactions. Vous la trouverez à cette adresse: www.intersj.info" Merci Nicolas pour ce lien. Intéressante cette pétition: A 21H24 ce jour, sur 2611 signatures 180 journalistes -sur les 37 000 encartés en France -....Pour une mobilisation intersyndicale c'est énorme...Je sais c'est un peu cynique, mais tellement symptomatique du comportement de la profession. Personnellement je fais partie de ces personnes qui ne croient plus du tout en l'indépendance de la presse papier en France, (pour rester sur ce seul segment). Bien sûr pour des raisons de concentration dans un premier temps. Quand 75% de la presse appartient à des capitaines d'industrie, les diverses lignes éditoriales ne peuvent en être que sous pression, implicite ou explicite. Inutile de multiplier les exemples, même les moins avertis des lecteurs s'en rendent compte. Faut-il rappeler pour La Tribune le retrait du titre de Une sur Ségolène Royale faisant état d'un sondage qui lui était favorable ? Ou plus récemment Lagardère expliquant dans le JDD qu'il ne savait rien pour EADS (il aurait peut-être pu l'expliquer dans un journal qui ne lui appartient pas, juste pour une histoire de crédibilité), Genestar viré de Paris-Match pour l'affaire Cécilia etc etc. Entre les Echos et La Tribune, honnêtement à part leur seuil de rentabilité respectifs et le traitement formel, je ne vois pas grande différence dans l'orientation des contenus. Côté pluralité il y a sans doute de meilleurs exemples (là tout de suite je n'en vois pas) 90566a7e3410583e3d6c837da4b53d76.png Bien sûr les journalistes sont aussi responsables. Responsables d'une autocensure bien comprise. Le décalage parfois entre l'agressivité des journalistes aux conférences de presse et le rendu dans les articles est le plus souvent confondante. A leur crédit, les relations presse ont super bien travaillé pour noyer le poisson de l'information et diriger, disons influencer, habilement les contenus à venir en livrant de pseudos-infos sur un concurrent ou sur une piste éventuelle à suivre ("mais bon je t'ai rien dit c'est en off"). C'est tellement plus facile que de creuser et prendre du temps. Il est vrai toujours au crédit des journaliste que le temps leur est compté, la productivité fait partie des variables à prendre en compte pour le « reporting » des chefs de service (modèle AT Kearney). Disposer d'une semaine, un mois ou plus pour enquêter c'est devenu un luxe que de rares supports peuvent s'offrir ( en France je vois pas non plus). Responsables aussi du consensus mou, le réflexe panurgesque et mimétique prenant le pas sur l'interrogation et l'étonnement, voire même la curiosité. On a beau jeu de dénoncer Internet, le "journalisme citoyen", les blogs pour accuser l'érosion du lectorat, partant la difficulté à être à l'équilibre. C'est passer un peu vite sous silence aussi le cercle infernal entre annonceurs et éditeurs. Fonder l'équilibre économique sur les campagnes publicitaires (merci Monsieur Girardin) pour pérenniser un titre oblige forcément à quelques concessions, toujours implicites ou explicites. Dans le cas de la presse féminine par exemple ce serait plutôt explicite, imaginez une seconde un grand hebdo se passer de Loréal ? Ce serait un peu comme si la presse informatique (ou ce qu'il en reste) devait se passer d'IBM. Inimaginable. Du coup les articles sur l'industrie cosmétique on en compte très peu...très très peu. Certes certains journaux se passent de pub. Le monde diplo, le Canard, Alternatives Economiques pour les principaux. En contrepartie d'un vrai parti-pris éditorial et de fonctionnement et une orientation très marquée. Parlant du coup aux lecteurs qui sont dans la même communauté de pensée et les renforçant dans leur croyance. C'est un créneau. Derniers arguments, la distribution et la presse gratuite. Inutile de revenir sur ces deux là, des milliers d'articles sont consacrés au sujet. Entre écrits convenus et propos convenants entre amis, comment s'étonner que la presse soit fragilisée et à la merci du premier LBO ou rachat venu ? L'audience n'est pas plus bête que les journalistes, quitte à dépenser de l'argent pour lire des inepties, autant lire la presse people. Il n'y a pas de surprise, elle correspond aux attentes. Mais bon, je vais la signer cette pétition :-)

19.02.2007

La presse au défi du numérique

Marc Tessier, a rendu ce jour son rapport La presse au défi du numérique au Ministre de La Culture, RDDV. Beau travail de consolidation qui pour les spécialistes n'apportera pas grand chose, mais dont la lecture profitera sans aucun doute à l'ensemble de la profession tant l'état des lieux, sans être apocalyptique, n'est pas des plus réjouissants, du moins pour les journalistes, les imprimeurs et autres métiers du livre et in fine pour la pluralité de l'information à termes. Si le constat est celui que chaque observateur peut faire (érosion de la diff, baisse des revenus etc.), Marc Tessier souligne le risque à termes de la paupérisation de l'information vérifiée et propose une sorte de certification des sites avec de la vrai info dedans... Et propose aussi une baisse de la TVA appliquée à l'achat d'information, une refonte des circuits de distribution, entre autres mesures à découvrir dans le rapport. Rien de bien nouveau, ni d'original, mais celà n'empêche pas la presse de traverser une sérieuse tempête, sans que l'on puisse augurer quoique ce soit du paysage lorsque le calme sera revenu.